Bonjour à tous,
TP 2 La problématique de notre étude. (Concepts de base et questions à poser à la littérature)
Nous avons choisi dans le TP1 un sujet, et on a décrit un thème, une question de départ et nous avons construite une bibliographie de départ. Maintenant il faut élaborer une problématique. Ce mémoire est un travail personnel d'études et de recherche. Nous entendons par là
1- qu'il doit démontrer la capacité de l'étudiant à formaliser sa pensée et à rationaliser sa pratique. Le mémoire prend donc la forme d'un document écrit à volonté théorique, pouvant être complété par d'autres documents servant d'appui ou de référence.
2- qu'il doit satisfaire à des exigences épistémologiques et méthodologiques de connaissance rigoureuse et communicable. Le mémoire doit présenter une problématique claire : définir les termes employés, formuler ses hypothèses de travail, exposer et apprécier les, méthodes de ce travail.
De facon générale le mémoire peut répondre à ces exigences de deux façons
- en fournissant une approche théorique d'une question
- en construisant une rationalisation d'une pratique.
Dans tous les cas, le sujet doit être limité, appréhendable conceptuellement et pratiquement, réalisable dans le temps imparti et dans le cadre de la formation.
Pratiquement, la construction d’un texte se traduit par un ensemble de démarches dont on vous propose par les trois TPs.
TP 1 - Le temps de la rupture 1- Formuler une question de départ
2 -Explorer le sujet
TP 2 -Le temps de la construction 3- Elaborer une problématique
4- Construire un modèle d'analyse
TP 3- Le temps de l'expérimentation 5- Observer, enquêter
6- Analyser les informations recueillies
7-Tirer les conclusions.
Dans les faits, ces démarches ne sont pas séparées. Mais leur liaison et leur forme varie selon qu'on vise à fournir une approche théorique d'une question (cas 1) ou à construire une rationalisation d'une pratique (cas 2). L'ordre indiqué correspond aux phases dominantes lorsqu'on cherche à connaître une réalité (cas 1).
Ainsi la question de départ, la bibliographie et même le sujet choisit peuvent subir des mutations dans le but d’améliorer la visée de la recherche.
La bonne formulation de cette question de départ est essentielle pour la suite de votre travail. Il faut donc prendre le temps de la formuler et de la reformuler, la tester auprès de diverses personnes en vous posant quatres questions:
o est-elle claire ?
o est-elle traitable par moi, avec mes moyens et dans le temps dont je dispose ? –
o est-ce une vraie question ?
o est-elle pertinente ?
La question de départ doit être claire, faisable et pertinente.
Vous vous direz peut-être : " Je formulerai ma question en avançant (en lisant, en enquêtant...). " C'est une illusion. Car si vous restez dans le flou, vos lectures, votre enquête, votre expérimentation le resteront aussi et vous perdrez beaucoup de temps.
Formuler correctement la question de départ demande du temps, de la réflexion, de la discussion. Mais c'est du temps gagné sur la suite, et de la cohérence, car la question de départ fixe le cadre de votre réflexion.
C'est à partir de cette question que vous pouvez entreprendre l'exploration du sujet.
Le TP 2 - Élaborer sa problématique ou : Comment situer mon approche de la question?
L'exploration de la question de départ vous a permis de la situer dans un ensemble de connaissances et d'approches. Mais parmi l'ensemble des définitions et des concepts présents, parmi la diversité des approches, comment distinguer ce qui vous est utile ? Comment lier votre question de départ et ce corpus de connaissances ?
" La problématique est l'approche ou la perspective théorique que l'on décide d'adopter pour traiter le problème ou la question de départ ". (QUIVY, VAN CAMPENHOUDT, 1988)
Élaborer sa problématique consiste donc à dégager les caractéristiques théoriques des éléments recueillis (lectures, entretiens) et à situer son travail par rapport à celles-ci en construisant son propre cadre de pensée. Cette démarche peut vous paraître compliquée. En pratique, il s'agit d'utiliser vos connaissances et notamment celles acquises dans votre cursus à l'école d'architecture en générale et dans ce cours en particulier.
Concrètement, cela passe par un certain nombre de questions:
les lectures et les entretiens ne relèvent pas tous du même point de vue : quels sont ces points de vue, ces approches ? Un architecte n'a pas le même point de vue sur un vieux bâtiment qu'un maçon, que le financeur des travaux, que le responsable de la protection du patrimoine, ou que l'habitant qui y vit depuis toujours...
Il s’agit alors d’identifier les idéolgies differentes des auteurs dont vous avez lu...
• certains auteurs ou interlocuteurs citent les mêmes exemples, les mêmes données, les mêmes références théoriques : quelle est leur source ? est-elle un emprunt ou originale ?
• vos lectures et vos entretiens ont à la fois des points communs et des différences. Lesquels ? Quels termes sont employés par plusieurs ? Le sont-ils dans le même sens ? dans le même contexte ? quelles approches sont convergentes ?
• étant donné ces convergences et ces différences, quel point de vue adoptez-vous ? quelle approche théorique vous convient le mieux ? Quel ensemble de concepts vous semble le mieux répondre à votre question ?
• ce qui peut vous aider aussi à élaborer votre propre problématique, c'est de repérer ce qui pose problème dans ce que vous avez lu ou entendu : quelles définitions ? quelles méthodes ? quelles conclusions ? et pourquoi est-ce insatisfaisant ?
La réponse à ces questions vous permet de savoir où vous situez votre réflexion : dans quel cadre conceptuel et théorique. Il reste à construire ce cadre.
Construire ses concepts revient à définir précisément les termes employés dans la question de départ, autrement dit à les décomposer en concepts
Cependant, nous faisons là comme si nous pensions avec des mots isolés. Or on pense avec des phrases, c'est-à-dire que spontanément, on lie les concepts.
Formuler ses hypothèses est d'une grande importance parce que cela permet de bien distinguer ce que l'on sait et ce que l'on suppose, de mettre à plat une partie de ses présupposés.
Formuler ses hypothèses permet aussi d'éviter de se satisfaire d'une étude superficielle qui ne conduirait qu'à confirmer ses certitudes. Le travail d'études et de recherche auquel vous convie le mémoire, même modeste, ne consiste pas à poser une question dont on connaît au fond d'avance la réponse...
Formuler ses hypothèses, c'est prendre une part de risque : le risque de dévoiler une part de son système de pensée, de mettre au jour certains de ses préjugés, de déstabiliser ses évidences. C'est donc fondamentalement un moyen d'éviter de trop grosses erreurs. Parce que les hypothèses ne disent pas des choses justes, mais des choses à tester.
Alors posons des bonnes questions au sujet de notre objet d’étude. La problématique peut se construire largement de simples questions, bien formulées.
Cordialement,
A
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